( 11 octobre, 2010 )

Un nouveau parti politique à Mayotte

Le maire de Koungou, Saïd Ahamadi, connu sous le nom de Raos, abandonne ses ambitions au sein de l’antenne locale du Parti socialiste pour fonder son propre mouvement, le Parti social de Mayotte (PSM).
Le maire de Koungou a officialisé fin janvier la création de son nouvel appareil politique, le Parti social de Mayotte (PSM). Saïd Ahamadi, mieux connu sous le nom de Raos, entérine ainsi son divorce avec le Parti socialiste.

C’était un secret de polichinelle. Depuis quelque temps déjà, le microcosme politique mahorais savait que Saïd Ahamadi, dit Raos, envisageait de fonder son propre parti. Pourtant, en rendant officielle la naissance du Parti social de Mayotte (PSM), le 26 janvier dernier, le maire de Koungou a étonné son petit monde.

En effet, après la démission du poste de secrétaire fédéral d’Ibrahim Aboubacar, son ennemi intime qui l’avait évincé du parti en 2002, Raos pensait bien revenir en force au sein du Parti socialiste. En décembre dernier, il l’avait clamé haut et fort : « Je suis candidat ! ».

Pourtant, le 26 janvier, il clamait encore plus fort lors d’une conférence de presse organisée au 5/5 – le bar situé devant le quai de la barge à Mamoudzou : « Je fonde un nouveau parti ».

Pourquoi un tel revirement ? Raos l’avoue lui-même : malgré le départ d’Aboubacar, il n’était pas le bienvenu au PS. « Quand Aboubacar a démissionné, j’ai cru que le PS allait se démocratiser », dit-il. « J’y suis allé, je me suis investi. Mais au cours des différentes réunions, j’ai senti que le parti ne se démocratiserait pas et qu’il y avait une animosité à mon égard. On m’a fait comprendre que je ne pourrais pas être candidat et que je ne pourrais même pas voter ». Conscient qu’il ne pourrait pas prendre la tête de son parti de cœur, Raos a donc décidé de remettre au goût du jour son vieux projet de fonder sa propre formation.

« J’y pensais depuis mon éviction du PS ». Un acte de mauvais perdant, assoiffé de pouvoir, qui refuse la défaite ? Non. Si Raos a lancé le PSM, c’est parce qu’il s’est rendu compte « que le PS ne changerait pas », assure-t-il. Autrement dit, qu’il resterait ce qu’il est, « un parti d’intellectuels » trop silencieux à son goût.

« Le social oublié par les autres formations »
Le PSM sera donc son antithèse. Un parti qui se veut omniprésent dans le débat public, résolument populaire.

Pour preuve, la première conférence de presse organisée par le parti : d’abord en shimaoré, puis en français, le trublion a énoncé les grandes lignes de son projet. « Ce parti ne vient pas s’additionner aux formations politiques locales ou nationales présentes à Mayotte. C’est un parti qui s’inscrit dans Mayotte, avec la République française. Les Mahorais ont décidé d’être français ; il faudra bien qu’ils soient entendus quant à leurs conditions de vie ».

Le principal cheval de bataille du PSM, comme le nom du parti l’indique, reste le « social », « un domaine oublié par les autres formations politiques », estime Raos. Il faudra bien, selon lui, s’attaquer à toutes ces failles qui font « que les Mahorais émigrent vers la Réunion ou vers la métropole pour toucher des aides qui n’existent pas à Mayotte ».

« Il faudra bien créer des HLM comme en métropole, des logements sociaux, instaurer des allocations familiales comme en métropole et non plus limiter celles-ci à trois enfants », ajoute-t-il.

Raos estime en outre nécessaire de permettre aux jeunes diplômés de l’île Hippocampe « d’avoir un travail et un salaire dignes ». « Le PSM a pour but d’aider les Mahorais à parvenir à l’égalité républicaine. Nous ne voulons pas être des citoyens de deuxième zone, nous voulons être Français, mais nous ne voulons pas non plus être des mendiants » !

Autre thème cher à Raos : « On ne veut pas être manipulés par nos amis métropolitains ou réunionnais, qui nous font croire que nous prenons les décisions ».

« Aider les Comores »
Le président du PSM souhaite en outre « développer la coopération avec les Comores pour que les Comoriens cessent de venir à Mayotte ». « Il faut les aider sur place en leur fournissant par exemple les hôpitaux dont ils ont besoin ».

Bref, les idées sont légion. Le bureau du PSM, essentiellement constitué de personnes de gauche écartées du PS, est en place et les statuts sont déposés. Reste à définir un programme détaillé et une stratégie politique. Une chose est certaine : le PSM présentera un candidat aux prochaines élections cantonales de Koungou. Raos l’a assuré.

09/02/2005 16h17 R.C. (Mayotte hebdo)
publié par le quotidien de la réunion et de l’océan indien

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